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Le silence ne veut pas toujours dire ce que vous pensez

Quelques secondes de silence peuvent déclencher une conclusion. Elles ne disent pourtant pas, à elles seules, ce qui se passe.

Mosaïca Conseils18 août 20264 min de lecture

Deux participants en échange lors d’un atelier Mosaïca.
Le même silence, selon la personne qui l’observe, ne raconte pas la même chose.

LE FAIT

Après une rétroaction, la personne garde le silence quelques secondes.

C’est tout ce qui a été observé. Pas une expression, pas une intention : une durée. Et pourtant, à la fin de ces quelques secondes, la plupart des gestionnaires ont déjà une réponse à la question de savoir ce que ce silence signifie.

LES LECTURES POSSIBLES

Six explications, toutes défendables.

La personne n’est pas d’accord et choisit de ne pas le dire. Elle n’a pas compris et ne veut pas le montrer. Elle accepte et ne voit rien à ajouter. Elle réfléchit à ce qui vient d’être dit. Elle hésite à contredire son gestionnaire. Elle cherche ses mots dans une langue qui n’est pas la sienne.

Aucune de ces lectures n’est vraie parce qu’elle nous vient en premier. Aucune n’est fausse parce qu’elle nous surprend. À ce stade, elles ont exactement le même statut : des hypothèses.

Le silence est un fait. Ce qu’il veut dire ne l’est pas.

POURQUOI LA PREMIÈRE LECTURE L’EMPORTE

Ce qui suit vient souvent confirmer ce que l’on avait déjà décidé.

Une fois qu’une lecture est retenue, elle oriente la suite de l’échange. Le gestionnaire qui a lu un désaccord reformule plus fermement ; la personne, qui réfléchissait, se sent poussée et se referme ; le retrait observé confirme le désaccord supposé. La lecture initiale n’a pas été vérifiée : elle a été rendue vraie.

Ce mécanisme n’a rien d’exceptionnel. Il se produit d’autant plus facilement que la lecture initiale est plausible et que la situation demande une réponse rapide.

CE QUI PEUT ÊTRE VÉRIFIÉ

Laisser le silence durer, puis demander ce qui en est retenu.

Un silence qui dure quelques secondes de plus n’est pas une perte de temps : c’est souvent la seule condition pour que la personne formule elle-même ce qu’elle pense. La question qui suit ne porte pas sur l’accord, mais sur la compréhension : ce que la personne retient, ce qu’elle compte faire, ce qui lui semble encore flou.

Que retenez-vous de ce que je viens de vous dire ?

La réponse écarte généralement deux ou trois lectures d’un coup. Ce qui reste est plus étroit, et la suite de la conversation porte enfin sur la situation réelle.