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Perspective Accueil, intégration et rétention

On peut déjà intégrer une personne qui n’est pas encore là

Le premier jour peut commencer plusieurs semaines avant l’arrivée physique.

Mosaïca Conseils18 août 20264 min de lecture

Capture d’une rencontre à distance intitulée « Ma 1ère semaine au Québec », avec les participants en vignettes.
Une séance de préintégration à distance. Les participants n’ont pas encore quitté leur pays et travaillent déjà sur leur première semaine.

L’OBJECTION HABITUELLE

« On verra ça quand elle sera arrivée. »

L’objection paraît raisonnable. À quoi bon expliquer un poste que la personne ne peut pas encore voir, une usine où elle n’a pas mis les pieds, une équipe qu’elle ne connaît pas ? On préfère attendre d’être ensemble, dans le vrai contexte.

Le raisonnement tient pour le geste technique. Il tient beaucoup moins pour tout le reste, et le reste occupe l’essentiel des premières semaines. Comprendre ce qu’on attend de soi, savoir à qui s’adresser, deviner s’il est acceptable d’interrompre quelqu’un, apprendre qu’ici on annonce un retard plutôt que de le rattraper en silence : rien de tout cela n’exige d’être sur place.

Ce qui doit être vécu sur place est plus rare qu’on ne le croit.

CE QUE LA DISTANCE PERMET

Elle offre quelque chose que le premier jour n’offre jamais : du temps.

Le premier jour est un mauvais moment pour apprendre. La personne est fatiguée, souvent décalée, entourée d’inconnus, et occupée à faire bonne impression. Elle reçoit une quantité d’informations qu’elle ne pourra pas retenir, et elle ne posera pas les questions qui lui viennent, parce que ce n’est pas le moment de paraître perdue.

Une séance tenue trois semaines plus tôt, à distance, se déroule dans des conditions inverses. La personne est chez elle, disponible, sans public à impressionner. Elle peut revenir sur une question, en poser une autre le lendemain, comparer avec ce qu’elle connaît. Et lorsqu’une même séance réunit plusieurs personnes qui arriveront ensemble, elles commencent à se connaître avant de partir, ce qui, à l’arrivée, change beaucoup de choses.

CE QUE CELA DÉPLACE

Le premier jour cesse d’être un point de départ.

Lorsque la préintégration a eu lieu, l’arrivée change de nature. Elle n’est plus le moment où tout commence, mais celui où l’on vérifie sur place ce qui a déjà été compris. Les questions posées le premier jour sont plus précises, parce que les questions générales ont été posées avant. Et le gestionnaire ne passe plus sa première semaine à réexpliquer le cadre : il peut travailler.

Cela ne supprime pas les surprises, une usine réelle ne ressemble jamais tout à fait à ce qu’on en a dit. Mais l’écart porte alors sur des détails, plutôt que sur la nature même du travail.

Il y a une condition, cependant. Une préintégration qui se limite à diffuser de l’information reproduit à distance le défaut qu’elle prétend corriger : beaucoup de contenu, peu de vérification. Ce qui la rend utile, c’est l’espace laissé aux questions, et le fait que quelqu’un, du côté de l’organisation, reste joignable entre deux séances. Sans cela, on n’a pas intégré plus tôt : on a seulement envoyé les documents plus tôt.

Qu’est-ce qui, dans notre première semaine, exige vraiment d’être sur place ?

Tout ce qui reste après cette question peut commencer plus tôt. C’est généralement la plus grande partie.