Ces comportements, trop fréquents, peuvent miner des parcours et détruire des vies. Rarement alignée à la culture « officielle » de l'organisation auquel ils appartiennent, ces « leaders » négatifs qui en sont les auteurs sont peu nombreux, mais souvent bien présents dans les conversations de corridor. Leurs collègues, témoins silencieux, en sont complices et l'employeur qui ne sévit pas contribue à perpétuer de tels comportements.
J'ai déjà reçu le témoignage poignant d'une jeune femme complètement détruite par le climat malsain ou les gestes de rejets subis dans son milieu de travail majoritairement masculin. Certains diront que ce type de comportement est présent partout dans le monde. Peut-être... mais faut-il pour autant baisser les bras? Bien sûr que non.
On croit à tort que tous saisissent l'enjeu de la pénurie de main-d'œuvre et de ses conséquences à moyen et long terme, et que l'arrimage de la diversité se fait naturellement. Pourtant.
Le pire dans tout ça, c'est que personne ne se lève le matin en se disant "aujourd'hui, j'ai le goût de faire du mal à quelqu'un « . Ces comportements reflètent plutôt un immense malaise collectif issu d'un sentiment d'insécurité et d'incompréhension.
Faire voir, faire voir et toujours faire voir. Elle est là la solution. Nous ne soulignerons jamais assez l'importance et les avantages de la diversité pour nos sociétés.
Mon truc? Des statistiques et de l'intelligence culturelle. Avec ces septiques, j'échange quelques arguments.
Selon l'institut de la statistique du Québec, en 1970, huit travailleurs contribuaient à subvenir au besoin d'un retraité. Aujourd'hui, nous ne sommes plus que trois... et les retraités vivent bien plus longtemps, en raison des progrès du système de santé et de la pharmacologie. Et si la tendance se maintient, comme disait l'autre, en 2030, ces travailleurs ne seront plus que deux pour une personne retraitée!
Selon une étude de la FCEI, l'actuelle pénurie de main-d'œuvre engendre plus de 10 milliards en pertes d'opportunités pour les PME québécoises. Voulons-nous être parmi les victimes de cette réalité, ou être de ceux qui déploieront une stratégie innovante de gestion de la diversité au profit de tous?
Préparer les équipes à cette nouvelle évidence est essentiel. L'accueil d'un travailleur étranger en visite, le temps d'une récolte, ne requiert pas les mêmes moyens qu'un nouvel employé venu de l'étranger, pour joindre les rangs d'une PME et voir grandir ses enfants ici.
Être présents sur le terrain, promouvoir le vivre ensemble et intervenir devant les comportements déviants est clé. Une stratégie » copiée-collée « sur la santé-sécurité au travail, quand on y pense.
Les milieux de travail où la diversité est omniprésente sont nombreux et se multiplient. Ils se multiplient car ces espaces professionnels sont réellement performants. Plus que jamais, avec la fermeture du marché américain, la quête de nouveaux clients nécessitera une acquisition de nouveaux talents ouvert sur le monde.
Savoir gérer la diversité est difficile, mais payant. Et comme la santé-sécurité au travail, si la haute direction n'y croit pas, c'est un échec annoncé.