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Prière de vous abstenir... en public

· Publié dans Informe Affaires le 21 septembre 2025 · Voir la publication originale →

À Montréal, les prières dans les rues n'ont pas cessé de l'été, certains musulmans le faisant même devant la basilique Notre-Dame, une église chrétienne. Pour plusieurs c'est une provocation. Ici, à Saguenay, on n'observe pas encore ce phénomène.

Coïncidence ou non, le gouvernement a commandé un comité d'étude sur le respect des principes de la Loi sur la laïcité de l'État et sur les influences religieuses, avec l'intention claire de donner plus de muscles à la Loi 21. Le comité, dans ses recommandations, soulève l'importance d'encadrer la pratique de la prière en public. C'est bien, c'est même essentiel qu'on le fasse.

Il m'apparait aussi fondamental de tenir compte du droit de conscience et de religion enchâssé dans la Charte des droits, de ne pas viser une religion précise, de poursuivre un principe d'ordre public, etc. Mais au-delà de tout cela, il faut se rappeler. Se rappeler des origines de nos convictions et les partager avec ces nouveaux arrivants, ces néo-Québécois qui contribuent à bâtir le Québec de demain.

Nos parents ont livré « une révolution tranquille », mais combien transformatrice. De ce mouvement est née une culture, nouvelle et moderne pour l'époque. Un héritage qui nous autorise aujourd'hui à choisir. À choisir - et c'est mon cas -, de ne croire en aucune religion, et à me donner la chance de côtoyer des humains de confession musulmane que je compte aujourd'hui parmi mes meilleurs amis.

Oui, notre pays ne permettra probablement jamais à quiconque, toutes confessions confondues, d'entendre l'appel public à la prière partout en ville, mais c'est un bien mince prix à payer pour favoriser le vivre ensemble.

La génération de nos parents nous a offert une culture, à nous maintenant de nous doter d'une société intelligente culturellement. C'est ni plus ni moins l'objectif à atteindre.

Détenir la compétence collective d'entrer en contact avec l'autre. De partager avec lui l'origine de nos convictions afin de lui permettre de mieux nous comprendre.   C'est notre rôle, « la job » de l'accueillant.

Au travail, dans mon fauteuil de patron, je me rappelle sans cesse mon devoir de rappel. Le nouvel arrivant ne devinera pas ma culture, peu de livre ou de formation existent à ce sujet d'ailleurs.

En l'absence de culture claire, forte et affirmée, la nature humaine ramène le nouvel arrivant à sa culture et à ses pratiques. Avons-nous le luxe de rester passifs en espérant un arrimage naturel des cultures? La réponse, pour moi, est non. Le Québec détient trop d'éléments de culture distincts et complexes pour croire que la compréhension de l'autre à notre égard se fera naturellement.

Alors oui au renforcement de la Loi sur la laïcité, autant dans sa lettre que dans ses moyens. Nos parents ont fait la Révolution tranquille. A nous maintenant d'en défendre les fruits.

Cette chronique a été publiée initialement dans Informe Affaires, dans le cadre de la série Chronique ÉDI signée par les consultants de Mosaïca Conseils. Lire la version originale sur informeaffaires.com →

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