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Joueur de hockey passant la rondelle à un coéquipier sur la glace

Je passe la puck!

· Publié dans Informe Affaires le 13 décembre 2025 · Voir la publication originale →

Je signe aujourd'hui ma dernière chronique, puisque je céderai ma place à mon collègue et ami Mahdi Gueblaoui. Un type bien - nouvel arrivant, il a épousé deux cultures; celle de son pays d'origine, la Tunisie, et celle du Québec, sa patrie d'adoption. Mahdi peut se vanter d'être un membre à part entière de la société québécoise - un citoyen « biculturel », si je puis dire. Les gens comme lui sont ouverts, cultivés, font avancer les choses, n'ont pas peur du changement et savent tirer parti du meilleur des deux mondes. De véritables « Super Québécois », selon moi.

Le temps est donc venu de donner la parole à un néo-Québécois, question de vous faire profiter d'un point de vue venant de l'autre côté du miroir. En lisant mes chroniques, vous aurez compris l'importance que j'accorde au rôle du leader-entrepreneur, un véritable agent de changement de notre société. Je suis persuadé aussi que le leadership du nouvel arrivant est d'autant essentiel - après tout, à quoi sert l'ouverture d'une personne face à un interlocuteur fermé?

Dans mes chroniques, j'ai toujours maintenu une ligne directrice que je résume en deux phrases : 

La force d'une société réside dans la capacité de sa majorité à statuer sur ses éléments culturels non négociables. 

L'avenir de cette société sera assuré si elle a la sagesse de comprendre ses minorités et d'en tirer le meilleur.

Mon entreprise et le Québec ont changé. Ils sont plus colorés que jamais. Les consensus sont plus difficiles à atteindre. Raison de plus pour s'exprimer avec fierté et conviction, dans le respect. Québécois de souche, néo-Québécois d'origine maghrébine, d'Afrique subsaharienne, de France, etc. Parlons-nous! Nous constaterons bien vite que nous avons des points de repère étonnamment compatibles. 

Dans une PME comme la mienne, j'avoue que les choses sont plus simples. L'autorité ultime revient au propriétaire. Celui qui "invite". C'est lui qui doit tracer la voie vers laquelle tous s'engageront. Ce privilège s'assortit toutefois d'une grande responsabilité : celle de définir la culture avec les éléments qui font de son entreprise ce qu'elle est, et qui créent de la valeur tout autour d'elle. 

Il revient au chef d'influencer et de garder le cap. Car comme dit l'adage: "la nature a horreur du vide" : sans lignes directrices, les nouveaux employés se tourneront spontanément vers leurs référents, parfois diamétralement opposés à celles de l'entreprise qui les accueille. 

Ce même chef d'entreprise doit aussi demeurer un leader de son époque et tenir compte du nouveau tissu social. Il ne doit plus se contenter de s'appuyer sur sa seule disposition instinctive à accueillir; il doit élever cette responsabilité au rang de compétence corporative et mobiliser tous ses collaborateurs à s'engager dans cette cause. L'accueil et l'intégration est un projet collectif.

Je rêve du jour où des entrepreneurs ouvriront le chemin en matière d'accueil et d'intégration et inspireront du même coup le reste de la société. Joseph-Armand Bombardier a montré au Québec qu'on pouvait se hisser parmi les peuples les plus ingénieux du monde. Pourquoi ne pourrions-nous pas devenir le modèle d'inclusion courageux et intelligent que tant de gens recherchent?

En terminant, je remercie Informe Affaires pour la confiance accordée cette dernière année. Souhaitons tous la bienvenue à Mahdi Gueblaoui, qui prendra la relève le mois prochain!

Cette chronique a été publiée initialement dans Informe Affaires, dans le cadre de la série Chronique ÉDI signée par les consultants de Mosaïca Conseils. Lire la version originale sur informeaffaires.com →

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