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Sablier posé sur un bureau à côté d'une montre, dans une salle de réunion moderne

L'âgisme... à 30 ans!

· Publié dans Informe Affaires le 24 août 2025 · Voir la publication originale →

Ayant dépassé la cinquantaine, bien ancré dans mes modes de fonctionnement qui ont, somme toute, bien fonctionné dans le passé, je suis confronté à une « réalité numérique » qui chamboule presque tout mon environnement de travail. Je me pose alors une question : « Suis-je sur le point d'être victime de mon âge? »

La réponse n'est pas simple. Mais elle doit être soulevée, car les biais âgistes nous menacent tous, et bien plus tôt qu'auparavant. 

Ignorer les innovations technologiques ou organisationnelles, refuser de nouvelles méthodes de travail ou des transformations culturelles, trop miser sur son ancienneté ou ses expériences passées sans vouloir se réinventer : voilà autant d'attitudes qui peuvent renforcer les stéréotypes traditionnellement associés à l'âge. Mais gare à qui généralise trop vite, car cette résistance au changement n'est pas l'affaire de tout le monde. Bien des travailleurs d'expérience sont performants, adaptables et engagés.

Les changements provoqués par l'intelligence artificielle bousculeront (et bousculent déjà) toutes les générations et tous les aspects du travail, à commencer par les applications de productivité (Word, Excel, PowerPoint, Outlook) ou de collaboration comme Teams ou Sharepoint. 

Aujourd'hui, une personne dans la trentaine - la génération qui était auparavant au sommet de sa valeur professionnelle - est dorénavant bousculée autant que ses aînés par les changements organisationnels qui surviennent à une vitesse folle. Bref, ça va vite pour tout le monde!

Une nouvelle conception de l'âgisme émerge et oblige une responsabilité collective et organisationnelle.

Les employeurs doivent absolument offrir des possibilités de mise à jour des compétences. 

Sans oublier la mémoire corporative, le jugement, la stabilité émotionnelle et le mentorat qui sont trop souvent sous-évalués en entreprise. Il faut donc être en mesure de mieux reconnaître la valeur de l'expérience.

Oui, il est probable que les jeunes soient souvent favorisés à compétences égales, en raison de biais implicites ou par logique économique. Mais les travailleurs expérimentés ont aussi un rôle à jouer, notamment en démontrant leur agilité et leur capacité à transmettre leur savoir.

Il revient toutefois aux entreprises d'adopter des pratiques de gestion qui invitent à la mixité des générations. Qui peut se priver de talents dans le contexte actuel de pénurie de main-d'œuvre et de vieillissement démographique?

Des moyens, il y en a : espaces dédiés à des programmes de mentorat inversé (les jeunes qui donnent des trucs à leurs ainés), un coin café qui invite à la discussion et aux conseils entre collègues, la création de zone de travail « neutre », pas trop corpo et pas « start-up » pour éviter d'exclure certains groupe, ect.

Un employé de 55 ans - l'âge que j'ai - peut être tout aussi innovant, pertinent et loyal qu'un plus jeune s'il est dans un environnement qui reconnaît et valorise son potentiel. Un jeune de 28 ans qui refuse l'automatisation peut être considéré comme « âgé » dans l'écosystème numérique, tandis qu'un professionnel de 20 ans son aîné, qui maîtrise l'IA générative, peut être vu comme un atout stratégique. 

Le temps file, la vie change... et ça ne fait que commencer. Tenons-le-nous pour dit! 

Cette chronique a été publiée initialement dans Informe Affaires, dans le cadre de la série Chronique ÉDI signée par les consultants de Mosaïca Conseils. Lire la version originale sur informeaffaires.com →

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