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Femme d'affaires vue de dos et de profil, souriante, dans un couloir de bureau moderne

Maryse, c'est la meilleure

· Publié dans Informe Affaires le 13 juin 2025 · Voir la publication originale →

Maryse fait partie des personnes que j'admire le plus. Elle a été nommée au poste de directrice générale au sein de son organisation. Cette nomination est un objectif qu'elle poursuit depuis plusieurs années. Ingénieure et mère de trois enfants, elle a obtenu son MBA en suivant des cours du soir. Cette nouvelle a ravi tout le monde... sauf une poignée d'énergumènes qui s'amusent, en dehors des réseaux officiels, à attribuer ce choix à la politique de discrimination positive en vigueur depuis quelques années. 

Cette situation rageante m'a fait réfléchir sur la pertinence d'une telle politique en entreprise. J'en ai conclu qu'elle a sa place comme un garrot sur une jambe qui saigne. Nécessaire, le temps de transformer en profondeur les mentalités.

Ces politiques existent pour contrer, entre autres, un mal que notre société ne tolère plus : la misogynie. On veut s'en débarrasser, mais on n'est pas sorti du bois!

" T'es là pour prendre les notes? ", " T'inquiète pas, on va t'expliquer, c'est technique. " Combien de fois, en milieu industriel, on m'a rapporté des propos de ce genre, hostiles aux femmes! Malgré la sensibilisation et les formations en faveur d'un milieu de vie inclusif, ce genre de comportement persiste chez certains endurcis. 

Se peut-il que, comme dirigeants, on fasse comme si ces comportements n'existaient pas, sous prétexte qu'on a d'autres chats à fouetter? Ou qu'au fond, on ait peur de ces influenceurs de l'ombre, qui gèrent leurs secteurs avec leurs propres codes? On aimerait corriger le tir, mais les opérations ne peuvent ralentir. Le combat serait long, ardu, et on ne saurait sans doute pas par quel bout le prendre, car les témoins sont silencieux... et les victimes aussi.

Pourtant, on en parle dans les corridors, dans les partys. Des non-dits qu'on aimerait voir disparaître.

Je suis en affaires dans le milieu industriel et ce genre de situation m'a été signalé à maintes reprises. Comme tout bon gestionnaire, j'ai souvent glissé tout ça sous le tapis - le courage me manquait. Or, après réflexion, j'ai trouvé une solution : utiliser nos convictions comme vecteur de solidarité... et outiller notre personnel cadre! Les nouveaux gestionnaires sont dorénavant sélectionnés en fonction de leurs croyances profondes, et des codes culturels leur sont remis - les promouvoir au quotidien est devenu une condition d'emploi. En voici d'ailleurs quelques-uns : " Le non-dit est l'ennemi numéro un ", " On gagne ensemble, on perd ensemble ". Ces codes sont connus de tous et existent pour une seule raison : favoriser des comportements observables souhaitables.

Dans mon entreprise, on dit même que ces codes sont la recette du bonheur. Ils engendrent la confiance, stimulent la productivité, et créent un climat de sécurité pour tous. 

Si Maryse évoluait aujourd'hui dans une entreprise où ses leaders seraient " culturellement solidaires ", elle aurait ce qu'elle mérite : une légitimité et le plaisir de vivre son rêve professionnel. Et croyez-moi, la politique de discrimination positive ne ferait plus partie des sujets de discussion autour de la machine à café.

Il y a là matière à réflexion, n'est-ce pas?

Cette chronique a été publiée initialement dans Informe Affaires, dans le cadre de la série Chronique ÉDI signée par les consultants de Mosaïca Conseils. Lire la version originale sur informeaffaires.com →

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